| I
- La sénescence commence-t-elle plus tôt qu'on ne croit ?
Le
vieillissement normal (sénescence physiologique) avec son retentissement
cérébral est une donnée incluse dans chaque vie d'être
humain.
Nous sommes tous "le vieux de quelqu'un" et les enfants disent
déjà de leur mère (ou de leur père) "elle
ne comprend rien", lorsqu'elle n'a pas rapidement assimilé
la programmation du magnétoscope qu'ils ont facilement intégré,
eux. La mère évacue le problème en étant fière
de son fils... un génie ! La mère ne pense jamais "ma
tête ne va pas bien". Pourquoi ? Tant que la mémoire
et l'orientation - aptitudes de base avec lesquelles nous fonctionnons
tous chaque jour - ne sont pas perturbées... "sa tête
va bien".
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II
- Dès que les tempes grisonnent...
*
Au contraire, dès que les tempes grisonnent, ne plus savoir où
on a posé un objet inquiète et la façon d'évacuer
le problème devient "qui c'est qui a pris ce que j'avais posé
là ?", pour éviter de mettre en avant le vieillissement,
de penser à une possible maladie d'Alzheimer ... puisque le mot,
mis à la mode par les médias est employé à
tout bout de champ.
Il est employé à la place de démence, terme général
qui désigne une pathologie de l'intelligence (traduit dans le langage
quotidien par "elle n'a plus toute sa connaissance". Or il y
a plusieurs causes capables de faire perdre l'intelligence : les maladies
d'Alzheimer, de Kreutzfeld Jacob, de Pick, etc... ; les tumeurs cérébrales
et les infarctus cérébraux à répétition.
* Avoir des absences de mémoire ou ne plus s'orienter à
la perfection dans une ville est certes un handicap (qu'on pourrait appeler
insuffisance cérébrale partielle), comme l'est le fait de
s'essouffler en montant les escaliers (insuffisance cardiaque partielle).
Mais ce trouble (déficit cognitif parcellaire) n'évoluera
pas obligatoirement vers la démence, tout comme l'essoufflement
d'effort ne conduit pas forcément à l'insuffisance cardiaque
globale.
* Dire à cette personne qu'elle débute une maladie d'Alzheimer,
c'est peut-être créer les conditions de sa survenue ; c'est
à coup sûr l'angoisser car les mots causent des maux.
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III
- Pourquoi le langage commun a-t-il adopté le terme Alzheimer,
alors que la maladie d'Alzheimer ne représente qu'une partie des
démences ?
*
Parce que la maladie d'Alzheimer survient généralement chez
des adultes, âgés de 50 à 65 ans, donc considérés
comme jeunes de nos jours, ayant une importance socio-économique,
des enfants encore à élever puisque les femmes font des
enfants plus tardivement. "Tu te rends compte si ça nous arrivait",
dit chacun devant la télé.
* Du fait de sa médiatisation. Les émissions sur "la
maladie d'Alzheimer", produit ciblé "maladie" ont
un meilleur score d'écoute (Audimat) que celles parlant de la vieillesse.
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IV
- Vous avez- dit Alzheimer ? De quoi s'agit- il ?
*
L'altération mentale des personnes âgées s'est, de
tout temps, manifestée. Cependant, l'espérance de vie étant
jadis assez faible, peu de personnes atteignaient soixante quinze ans
et le stade de la démence sénile.
* Lorsque la longévité a augmenté (à la fin
du dix-neuvième siècle) l'attention des scientifiques s'est
portée sur le problème de la démence sénile.
Certains ont décelé chez des sujets plus jeunes que de coutume
des signes identiques à la sénilité : deux Allemands
en particulier, Kreaplin et Alzheimer, insistèrent sur le fait
que certaines démences séniles n'étaient pas forcément
le fait de l'âge.
* Aloïs Alzheimer publia, en 1906 et en 1911, le rapport d'autopsie
du cerveau de deux personnes de 51 et 56 ans, qui présentaient
une démence sénile caractérisée par la dégénérescence
des cellules nerveuses remplacées par une substance amyloïde
(ce terme peut être imagé par le mot "gélatine").
Kreaplin, psychiatre, nomma cette forme de démence "maladie
décrite par Alzheimer", ce qui est devenu maladie d'Alzheimer.
* Vous avez entendu autour de vous des gens dire « C'est terrible,
il perd la tête alors qu'il n'est pas vieux » montrant la
différence qu'ils font entre les atteintes reliées à
l'âge et celles qui surviennent à un âge ou il n'est
pas "normal" de perdre la tête.
- La sénescence ou vieillissement physiologique, désigne
les changements qui apparaissent avec le passage du temps ; elle fait
suite à l'enfance, l'adolescence, l'adulte.
- La sénilité désigne une diminution importante des
facultés mentales survenant au cours de la sénescence.
Vous connaissez des personnes âgées qui ne sont pas séniles,
qui ont "toute leur tête" ; des personnes âgées
séniles "qui n'ont plus leur tête" ; et quelques
personnes "qui n'ont plus leur tête" sans être âgées
: c'est la démence avant la sénescence du corps, dite démence
présénile.
* Il existe une forte présomption de maladie d'Alzheimer ...
- si une démence débute avant soixante cinq ans ;
- si on a éliminé les autres causes possibles ;
- si son évolution est progressivement invalidante.
Mais
le diagnostic ne peut être apporté
- que par l'examen microscopique du cerveau soit après autopsie,
soit après biopsie cérébrale. Cette dernière
est actuellement peu pratiquée, mais n'oubliez pas qu'il en était
de même pour les biopsies hépatiques il y a vingt ans aujourd'hui
de pratique courante.
- mais aussi, de plus en plus, par des images radiologiques (issues de
l'IRM notamment). Les avancées scientifiques permettent d'entrevoir
dans l'avenir d'autres possibilités diagnostiques au début
de la maladie et la génétique l'existence d'une prédisposition...
À suivre !
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V-
Les mots causent des maux
*
À son origine, la maladie d'Alzheimer a été considérée
comme une démence relativement rare. Comme aujourd'hui, même
la personne qui "perd un peu la tête" à 80 ans
est qualifiée "d'Alzheimer", cela donne l'impression
d'une épidémie !
* Associer la forme présénile de démence - maladie
d'Alzheimer - aux démences séniles est responsable de l'inflation
médiatique des maladies d'Alzheimer.
"Grand père est sénile, gâteux" n'est pas
honorable car cela véhicule l'idée de vieillesse et de mort
; par contre "il fait une maladie d'Alzheimer" le garde dans
le monde des vivants et laisse permis l'espoir d'une guérison.
* La vieillesse et son corollaire la mort n'est pas chose nouvelle mais
chose à redécouvrir par notre société qui
n'investit que le corps, qui a remplacé l'éthique par l'esthétique.
La glorification des top modèles qui n'ont pour mérite que
leurs mensurations en est l'exemple extrême. Ne vaudrait- il pas
mieux s'extasier devant un cul-de-lampe imaginé par l'esprit et
modelé par le travail de l'artisan ? Faisons attention aux valeurs
dont nos enfants s'imprègnent pour la vie en voyant nos comportements
télévisuels.
* Devant le succès populaire du terme "Alzheimer", les
médecins (Terry et Constantinidis,1969) ont suivi l'évolution
du langage et pour être compris ont pris l'habitude d'employer pour
caractériser le dément de 80 ans sénile, l'expression
démence sénile de type Alzheimer, puisqu'il s'agit aussi
d'une pathologie de l'intelligence.
* La maladie d'Alzheimer (M.A.) débute, en général,
vers cinquante/soixante ans, ou plus jeunes encore. La détérioration
des fonctions intellectuelles est plus massive et profonde que dans d'autres
démences.
* La démence sénile de type Alzheimer (DSTA) survient chez
des personnes de plus de soixante-cinq ans. Dans la démence sénile
de type Alzheimer, la détérioration des facultés
intellectuelles - bien que très proche de celle de la maladie d'Alzheimer
- est plus lente, évolue généralement par paliers
sur une plus longue durée.
Les deux sont des maladies neurologiques et non psychiatriques.
* Quand les troubles sont d'ordre mental, ou paraissent tels, la langue
française, au cours de son histoire, les a désignés
par des termes successifs.
« Fou, aliéné, démence, Alzheimer...
Chacun sait que les troubles de la mémoire, des raisonnements et
du jugement (les fonctions cognitives) ; les troubles de l'humeur, des
comportements, de la perception ; les épisodes de désarroi,
de confusion, de délire, peuvent nous affecter à tout âge.
Mais ils sont plus fréquents dans la vieillesse, et deviennent
pour ceux qui les subissent, mais aussi pour les proches, familles et
soignants, source d'étonnement, d'inquiétude et de souffrances.
Fou, fol, folle, folie sont employés depuis le XI° siècle
(follette et folâtrer depuis les XII° et XV°). Ils ont désigné
longtemps les troubles mentaux les plus graves.
Au XIII° siècle apparaissent les termes d'aliénation
et d'aliéné, qui peu à peu doublent et écartent
folie et fou. Dément serait du XV° siècle mais ne s'installe
vraiment qu'au XIX° siècle. Il a remplacé et éliminé,
comme terme scientifique, les termes dérivés de folie et
d'aliénation, qui demeurent dans le langage commun avec des sens
figurés ne renvoyant pas à des maladies. Il est légitime
de penser que les termes de dément et de démence garderont
la connotation scientifique qui les a substitués à folie
et aliénation, le langage commun ayant adopté en cette fin
du XX° siècle, le terme Alzheimer, du fait de sa médiatisation.
Les scientifiques et les médecins parlent de démences (au
pluriel), de syndrome démentiel. La démence n'est pas une
maladie : il y a des démences comme des cancers, maladies différentes
les unes des autres, par leurs causes et leur mécanisme, par leur
gravité, leur traitement, leur pronostic.
On
estime que sur cent diagnostics de démence, dix à quarante
pour cent seraient des diagnostics faux, de fausses démences.»
* Lorsqu'on n'a pas fait toutes les investigations diagnostiques nécessaires,
utiliser le terme maladie de type Alzheimer, évite de se trouver
embarrassé si une tumeur est mise en évidence au scanner
! Un scanner ça sert à dépister entre autre les tumeurs,
mais ça ne sert pas à faire le diagnostic d'une maladie
d'Alzheimer. Si le radiologue répond "atrophie corticale"
vous ne pouvez rien en conclure : il n'y a pas de corrélation obligatoire
entre la forme et la fonction (l'image cérébrale du scanner
et les capacités intellectuelles).
* Lorber en a fait la démonstration en 1980 dans un article qui
fit sensation :"Le cerveau est- il vraiment indispensable ?"
Il décrivait le cas d'un étudiant anglais, esprit brillant
(quotient intellectuel de 126, titulaire d'une licence de mathématiques
avec mention "très bien"), menant une existence normale.
L'étudiant avait une grosse tête. Le scanner cérébral
montra qu'il était hydrocéphale : son crâne était
rempli de liquide céphalo rachidien, à l'exception d'une
mince couche de tissu nerveux, d'un millimètre d'épaisseur
situé à la périphérie. Lorber sur la lancée
fit la même observation pour 600 hydrocéphales examinés.
Si avec seulement un dixième de cerveau (140 g) l'étudiant
anglais était brillant les personnes âgées séniles
avec davantage de tissu cérébral devraient avoir le prix
Nobel !
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VI
- L'Alzheimer ça commence comment ?
Les
symptômes de début sont si minimes que rien de vraiment anormal
n'est décelé par l'entourage ou la personne, alerte quinquagénaire
qui poursuit son travail.
Lentement mais inexorablement la maladie évolue et des troubles
deviennent évidents, notamment au niveau de la mémoire.
" Je ne sais plus où j'ai mis..." , "On me raconte
ou on m'explique quelque chose et dans les trois secondes qui suivent,
j'ai déjà oublié".
Phénomène qui conduit à des répétitions
incessantes, de plus en plus pénibles à supporter pour l'entourage.
Ces troubles de la mémoire des faits récents s'accompagnent
souvent et assez vite de troubles de la mémoire des faits anciens.
Il devient difficile pour le patient de se souvenir du nom de son école,
des personnes de son entourage, à l'époque scolaire, ou
du président de la République après la guerre, etc.
Apparaissent aussi des troubles :
de l'orientation dans l'espace.
* "Je suis perdue, je ne sais plus quelle rue il me faut prendre
pour retourner chez moi", dit une malade qui vient de faire son marché.
de l'orientation dans le temps.
* Une personne ne sait plus, à dix ans près, en quelle année
elle vit. Chacun peut se tromper au début d'une nouvelle année
et écrire ou dire 98 au lieu de 99. Mais si cette personne affirme
être en 82, voire, pire en 40, ça ne trompe pas beaucoup.
* Une personne, un jour de janvier sec et froid, vous annonce que nous
sommes le 13 août, ce qui montre aussi les troubles du raisonnement.
de la pensée abstraite.
* La résolution d'un problème simple devient impossible.
Une personne subitement ne reconnaît plus ce qu'elle appelle «
tous ses papiers » et ne parvient plus, comme auparavant, à remplir ses documents administratifs.
du jugement.
* Une personne commence à se livrer à des dépenses
inconsidérées, hors de ses moyens, alors qu'elle gérait
jusque-là son budget avec un grand bon sens.
du langage, se traduisant par un manque du mot.
* Nous nous plaignons presque tous de ne pas toujours retrouver un mot
ou un nom. Rien d'alarmant. Il s'agit ici d'une personne qui se montre
incapable de nommer des objets usuels posés devant elle sur une
table. D'un crayon, elle dira: « Ça, c'est pour écrire
». Elle ne retrouvera pas le mot crayon.
de la reconnaissance des objets, l'agnosie.
* Quand on lui montre un crayon, la personne, non seulement ne peut pas
le nommer, mais ne le reconnaît plus et ne sait plus déterminer
sa fonction.
de la reconnaissance des visages.
* Au fur et à mesure que la maladie évolue, le patient n'identifie
plus les visages, en particulier les visages de ses proches, et au pire
son propre visage dans un miroir. Au point qu'il se plaindra de ne pas
se sentir seul dans sa salle de bains et priera « l'étranger
» de sortir. L'ensemble de ces symptômes n'apparaît
pas au tout début de la maladie, mais d'une manière progressive.
Remarquez aussi que je décris des troubles que nous rencontrons
tous, à tout âge: "J'ai oublié d'acheter le
pain", "Quel jour sommes nous ?", "Comment s'appelle
cette personne, je la connais mais je ne peux pas y mettre un nom dessus
?". Mais ça ne nous arrive pas tous les jours, ni pour tous
les actes de la journée.
* Le médecin doit penser à l'Alzheimer - mais aussi à
d'autres causes, notamment à un état dépressif -
chez une personne qui présente avant soixante cinq ans au moins
deux des manifestations suivantes qui mettent en cause l'activité
cérébrale :
- elle peut s'être perdue quand elle se déplace dans un endroit
inconnu ;
-
ses collègues de travail s'aperçoivent d'une baisse de l'efficacité
professionnelle
- la difficulté à trouver des mots et des noms devient évidente
pour l'entourage.
- elle peut lire un chapitre d'un livre mais n'en retient que peu de choses
;
- elle a moins de facilité à retenir les noms des personnes
qui lui sont présentées pour la première fois ;
- les intimes peuvent être surpris de découvrir qu'un objet
de grande valeur a été perdu ou égaré ;
- les difficultés de concentration sont évidentes.
Le diagnostic différentiel entre les nombreuses causes susceptibles
de donner un état démentiel nécessite de faire des
examens biologiques, radiologiques, psychologiques, dont il ne sera pas
fait état dans cet exposé
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VII
- La maladie d'Alzheimer ça évolue comment ?
Quand
la diminution des performances dans les situations professionnelles difficiles
intervient, le retentissement social attire l'attention : la maladie est
déjà à un stade plus avancé.
La personne ne se "sentant" pas physiquement malade, se défend
d'abord en évoquant "la faute des autres" mais une anxiété
s'installe. Peu à peu, la personne prend conscience des troubles
: l'anxiété augmente, prélude à une dépression
réactionnelle, toujours présente même si elle est
plus ou moins masquée.
Ensuite s'installent des troubles du langage, du raisonnement logique,
du jugement, toujours plus ou moins insidieusement ; mais toujours en
progression constante.
Puis surviennent des troubles de la réalisation des actes de la
vie quotidienne plus ou moins associés à une déambulation
permanente, à de l'agressivité.
L'évolution conduit à l'incontinence et la dépendance
totale jusqu'au jour où la personne ne sait même plus marcher,
devient alitée en permanence, meurt. (cf échelle de Reisberg)
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VIII
- Similitudes étiologiques mais différences pratiques entre
la démence sénile (DSTA) et présénile (MA)
*
Que la démence soit sénile ou présénile la
succession des événements est identique sauf que, chez le
grand vieillard, la mort survient parfois avant la fin de l'évolution
du fait de l'aggravation d'une autre pathologie du vieillissement, cardiaque
notamment.
* Par contre l'évolution est différente.
* L'évolution est accélérée dans la maladie
d'Alzheimer où on a l'impression que sur une personne au physique
jeune le vieillissement cérébral s'effectue sur une planche
savonnée. L'évolution vers la mort se déroule statistiquement
sur une durée de huit mois à huit ans.
La personne atteinte d'une maladie d'Alzheimer a un physique d'adulte
de la soixantaine c'est à dire sans vieillissement physique handicapant.
Si vous regardez autour de vous, vous conviendrez que les gens de moins
de soixante cinq ans sont pleins de dynamisme. Aussi, "l'Alzheimer",
relativement jeune, bouge, a de l'énergie. Mais son action n'est
plus dirigée vers un but déterminé : son potentiel
physique n'est plus parfaitement "cerveau commandé".
Ceci entraîne une conséquence importante sur la famille qui
l'entoure : elle est sollicitée minute après minute, 24
h/24, mois après mois. Et de temps à autre elle craque,
épuisée physiquement et moralement.
* L'évolution est plus lente, en marche d'escalier, dans la démence
sénile, où la baisse des fonctions cérébrales
survient plutôt par paliers de pertes successives. Comme des pathologies
d'autres organes sont présentes, le décès survient
souvent avant que la démence n'ait atteint son stade ultime (responsable
de complications entraînant la mort dans la maladie d'Alzheimer).
Le vieillard qui fait une démence sénile bouge moins (l'arthrose
et l'essoufflement limitent son déplacement rapide). C'est un malade
en général plus calme, plus facile à "garder"
par le conjoint, si celui- ci est aidé pour la réalisation
de certains actes de la vie quotidienne, notamment la toilette. Il est
apte durant longtemps à mémoriser, à faire certains
apprentissages.
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IX
- Différencier pour agir...
Si
nous avons insisté pour différencier la maladie d'Alzheimer
de la démence sénile qui atteint le vieillard, c'est parce
que nous savons par expérience qu'il est possible d'obtenir des
résultats étonnants chez les personnes âgées
en agissant sur l'ambiance de vie en institution (environnement matériel
et entourage humain), alors que nos résultats sont moindre sur
l'Alzheimer jeune, dont l'évolution nous prend de court.
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