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I-
Troubles de la mémoire
Observation
:
* La personne atteinte de cette maladie commence par oublier les faits
immédiats : oublier ses clés, son porte-monnaie, son journal...
; d'éteindre la cuisinière, de fermer le robinet, de fermer
la porte à clé ; l'endroit où elle a laissé
sa voiture... Ensuite vient l'oubli des événements récents
: des rendez-vous, des coups de téléphone, des visites...
Elle pose plusieurs fois la même question, pour en oublier aussitôt
la réponse...
* Il n'y a pas, dans le cerveau, d'endroit précis pour la mémoire
: l'ensemble du cerveau sert à stocker les différents mémoires
(auditive, visuelle, tactile, gustative, olfactive, motrice) selon les
éléments d'un puzzle. De ce fait la perte de mémoire
est progressive : selon l'endroit où siège la lésion
du tissu cérébral. Ceci explique pourquoi un "Alzheimer"
est différent d'un autre...
* À ce stade, la personne a toujours son « jugement »
et prend conscience que son état se dégrade, ce qui entraîne
une grande souffrance. Telle personne en devient triste, malheureuse et
s'isole ; telle autre s'énerve et est qualifiée "d'infernale"
; pratiquement toutes font un syndrome dépressif.
* Imaginons la situation morale de Manuella, portugaise qui est venue
en France pour avoir une vie meilleure, qui a travaillé toute sa
vie, a élevé plusieurs enfants qui ont tous une situation,
était maîtresse de sa maison... La voilà maintenant,
à 60 ans, obligée de tout abandonner et d'être sous
la protection et la garde de quelqu'un, puishospitalisée dans un
monde inconnu. Il y a de quoi râler... mais comme le langage n'est
pas maîtrisé, elle crie sa détresse ou la chante.
* Plus tard, le trouble de mémoire est total (amnésie) et
perturbe : * la vie quotidienne et la vie sociale du malade et de la famille
;
* les relations affectives : il est impossible pour le malade de se rappeler
les noms et l'identité des amis, des collègues du travail.
* Enfin les malades oublient l'identité des personnes : les membres
de la famille les moins proches ; puis les proches ; et arrive le jour
où ils ne connaissent même plus leur propre identité.
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
*
La mémoire ne s'use que si on ne s'en sert pas
* La non utilisation des fonctions ralentit leur efficacité ultérieure,
à tout âge.
* Il faut entretenir la mémoire comme toutes les autres fonctions
cérébrales : cela suppose de stimuler les sens.
* Notre cerveau analyse le monde extérieur grâce aux renseignements
apportés par les récepteurs du monde externe (les yeux,
les oreilles, le toucher) et l'état du monde intérieur par
les récepteurs inclus dans le corps qui sont stimulés par
le mouvement : il faut vivre debout et si possible redressé.
* Si vous confinez un "Alzheimer" dans une chambre, en fermant
la porte de sa chambre vous fermez la porte de ses sens.
Vous mettez hors circuit l'écorce cérébrale laissant
la place au cerveau dit mammifère, qui rumine. Or, rappelez-vous
votre adolescence : vous avez ruminé des idées noires et
vous disiez alors "la vie ne vaut pas la peine d'être vécue..."
; ce qui conduit d'ailleurs certains adolescents à se détruire
; et certains Alzheimer aussi.
* L'utilisation des fonctions cérébrales va stabiliser l'état
de la personne, ralentir l'évolution de la maladie, rendant plus
confortable la vie de la personne et de sa famille.
* Pour que la personne malade ne perde pas ses objets usuels, il est bon
de faire de la prévention :
- ajouter un cordon à sa paire de lunettes ;
- choisir un grand sac à main de couleur vive pour une femme ;,n
grand porte-monnaie ; un grand porte-clés,
- écrire son nom et son adresse sur son sac, porte-clés,
parapluie,
- en institution, graver son nom sur son dentier, ses branches de lunettes,
* - mettre une carte comportant ses nom, adresse, numéro de téléphone
dans une de ses poches ; ou une gourmette portant ces indications ;
* - indiquer la marque, la couleur et le numéro d'immatriculation
de sa voiture sur le porte-clés.
* Pour ne pas que la personne malade perde ses bijoux :
* Chaque bijou est rattaché à un souvenir intime heureux
(l'alliance ou la bague de fiançailles, la chevalière, etc),
est devenu au fil des ans tellement intégré au corps que,
lorsqu'il n'est pas porté, toute personne à une sensation
de manque.
* - La personne qui perd ses bijoux, peut accuser de vol les amis venus
à la maison. Ce qui est une source de conflit et d'éloignement
de ces amis... ce qui donne alors l'impression à la personne d'être
rejetée, la rendant malheureuse, agressive.
* - La convaincre de les remplacer par des faux bijoux, tout en précisant
que les vrais seront toujours disponibles pour les grandes occasions.
Ne jamais reprendre les bijoux sans tenir compte de son avis : expliquer,
convaincre, pour obtenir son accord, montrer l'emplacement du coffret.
* - Son accord est essentiel pour éviter la perte d'estime de soi,
qu'on cultive en lui montrant l'importance accordée à ses
objets de prix.
* Plus un objet est affectivement chargé de sens, plus il doit
être laissé longtemps.
* Pour ne pas qu'elle perde son carnet de chèque ou la carte bleue
:
- La convaincre progressivement de le donner en garde. Montrer où
on le place ; dire qu'il reste à sa disposition quand il y aura
un chèque à faire. Là aussi : avec patience, expliquer,
convaincre, pour obtenir son accord, montrer l'emplacement du stockage.
- Laisser toujours un peu d'argent liquide à sa disposition.
- Si en plus de se sentir inapte, la personne se sent trompée par
des mensonges (retrait brutal du carnet de chèques, de la carte
bleue...) son "moral va en prendre un coup" . Cela peut influencer
défavorablement l'évolution de la maladie.
* L'affectivité, clé des conduites motrices, est également
primordiale pour le maintien d'une bonne efficacité intellectuelle...
chez toute personne.
* Pour que la personne malade ne perde pas ses repères :
- Lui répéter souvent dans la journée son prénom
ou son nom ;
- Ne pas changer la place habituelle de ses affaires (rasoir, brosse à
dents) ;
- Disposer les habits du jour, toujours à la même place ;
- Laisser les portes des pièces ouvertes, en ne fermant à
clé (et enlevant celle-ci, pour ne pas la perdre) que le minimum
nécessaire à la sécurité. Il ne faut surtout
pas que le malade tourne comme un lion en cage dans une seule pièce.
- Ne mettre des pancartes de signalisation que lorsque le malade se plaint
lui-même de son handicap, et avec son accord. "Tu veux que
je mette une pancarte pour que nous sachions où se mettent les
chaussures ? "
* Organiser les actes de la vie quotidienne pour rythmer le temps.
* En premier, organiser l'environnement pour que la personne ne soit pas
honteuse après avoir abîmé ou cassé involontairement
un vase précieux, un objet coûteux, etc. En effet, même
si le conjoint est patient cela provoque des disputes.
* Ensuite, établir un ordre quotidien dans sa vie : la mettre au
lit, la réveiller, la faire manger, l'aider à faire sa toilette,
l'habiller, l'emmener aux W.C.
* - Rythmer ces temps de la vie quotidienne permet à la personne
de s'habituer à une vie ordonnée, l'aide à mieux
vivre, facilite la tâche de l'entourage. Mais cet ordre est un moyen
pour l'aider à faire et non un but. Ce n'est pas un "service
d'ordre".
* - Chaque fois que vous modifiez un événement de la vie
quotidienne cela nécessite pour la personne : réapprendre
et se réadapter. Il est nécessaire de le faire pour qu'elle
progresse ... mais avec patience, à petites doses.
* - Ne pas bousculer, ne pas précipiter sous prétexte d'ordre.
"Aider à faire" et non "Faire à la place".
* - Fixer les axes généraux de la vie de la personne, non
les détails, pour ne pas la transformer en automate. Passer sur
des détails pour valoriser sa pensée, son effort mental
: elle a trouvé la solution à ce qui est pour elle un problème
; que nous sous estimons parce que pour nous "c'est naturel...".
* À l'entrée de la personne en institution il est important
de savoir
* Son état intellectuel : son langage, les expressions qu'elle
emploie le plus habituellement, le vocabulaire qui lui est familier. Quel
genre de livre aime-t-elle ? Quels ont été les livres qu'elle
a le plus aimés ? Quel art apprécie-t-elle ? Quels sont
ses artistes préférés ?
* Son état psychologique : tout ce qui lui fait plaisir ; tout
ce qu'elle déteste, qui la vexe. Quels sont les souvenirs dont
l'évocation la rend heureuse et, au contraire, de quoi ne faut-il
jamais parler ? Qu'est-ce qui peut lui faire peur ? Qu'est-ce qui la rend
triste ? En qui a-t-elle surtout confiance ? Est-elle difficile en ce
qui concerne la prise des médicaments ?
* Si c'est une femme... Pour respecter ses raisons de vivre il est bon
de connaître la couleur préférée de ses vêtements,
ses habitudes pour la toilette, ses goûts pour la coiffure (elle
se préfère avec des cheveux courts ou longs ?), si elle
aime des ongles longs, le vernis a ongles, si elle aime se maquiller,
si elle était habituée à se mettre des crèmes
ou non... Continuer son rythme de vie, éviter qu'elle subisse de
grands changements, et qu'elle soit obligée de se réadapter
encore inutilement aux détails. Éviter les changements,
lorsque ceux-ci ne sont vraiment pas nécessaires, évite
son énervement, ses caprices et sa lutte contre ces changements.
Ne pas la laisser avoir de la barbe et des moustaches, mais ne pas la
raser avec des lames de rasoir, cela peut faire repousser ses poils en
les rendant très épais. Utiliser des crèmes dépilatoires
(en se renseignant auparavant sur une éventuelle allergie antérieure).
* Si c'est un homme... Il est important de connaître ses habitudes
pour respecter ses désirs de vivre : mettre des cravates ; se raser
régulièrement, ou, au contraire, avoir des moustaches et
de la barbe ; s'il se douchait ou se baignait tous les jours ; s'il changeait
souvent de vêtements.
Par contre, s'il n'était pas très propre, s'il ne faisait
pas beaucoup attention à ses vêtements, il faudra du temps
pour changer ses habitudes. L'image qu'il offre aux autres résidents
conditionne ses rapports avec eux.
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II-
L'aide à l'habillage
* La personne oublie l'ordre dans lequel se mettent les vêtements
et fait des erreurs, tout en croyant avoir réalisé l'action
correctement. Souvent source de conflits, l'habillement doit être
précédé d'une préparation.
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
*
Propos adaptés aux réactions antérieures de la personne.
Connaître les habitudes antérieures permet de savoir quelle
fibre il faut faire vibrer.
* "Que tes habits sont sales. Qu'est-ce que les gens vont penser
de moi ? Aide-moi à te changer", si la femme s'adresse au
mari ;
* Si l'homme s'adresse à sa femme qui était toujours "tirée
à quatre épingles" et se parfumait "Tu sens mauvais,
ça m'étonne de toi ! Aide-moi à te changer"
.
* Placer les vêtements bien en vue dans l'ordre où ils doivent
être placés en mettant hors de la vue les vêtements
de nuit.
* Utiliser pour le linge de corps des effets en coton plutôt que
le "Damart" : le malade transpire et ne sait le dire.- Si on
habille la personne décrire les actions que l'on fait et accompagner
le mouvement. "Nous allons mettre la jambe gauche du pantalon"
* Utiliser largement le velcro : chaussures, habits.
* Demander à la personne malade de participer à l'entretien
du linge : trier le linge, plier des serviettes, etc.
* À l'entrée de la personne en institution il est important
de savoir ses goûts vestimentaires :
* savoir quelles sont ses couleurs préférées.
* comment aime-t-elle s'habiller ; si elle est très exigeante en
ce qui concerne ses vêtements.
* savoir si elle aime porter la cravate, des bijoux, un chapeau...
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III-
L'aide
au coucher
Demande d'instituer un rituel afin que la personne malade dorme suivant
une tranche horaire fixe. Or les jours sont de longueur variable et l'heure
d'été n'est pas l'heure d'hiver ; la nuit et le jour se
moquent de l'horloge.
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
* En sa présence poser les vêtements de nuit bien en vue,
fermer les volets, tirer les rideaux, allumer la lampe de chevet, ouvrir
le lit... Ces actes, répétés chaque jour ont un rôle
de rituel facilitateur de l'étape suivante : "Je me couche".
Chaque personne a, par conditionnement de toute une vie, des habitudes,
un rituel pour les actes de la vie quotidienne. Si on peut le percevoir
et en reproduire les conditions, cela facilite l'accomplissement de ces
actes.
* À l'entrée de la personne en institution il est important
de savoir ses habitudes de sommeil :
* l'heure du coucher, l'heure du réveil, l'usage ou non des oreillers.
* savoir si elle fait la sieste.
En règle générale ce sont des personnes qui aiment
être couvertes jusqu'au cou.
* Laisser une veilleuse allumée... et toujours une caresse ou un
câlin en disant bonne nuit !
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IV-
Pour pallier à l'incontinence urinaire
Boire beaucoup d'eau diminue l'agitation observée chez la personne
qui a soif mais ne sait le dire. Il est donc bénéfique de
décoder son "comportement de soif" afin de lui offrir
à boire.
- Boire induit aussi la miction, plaisir de relâchement viscéral.
Nous disons tous "ça va mieux, je n'en pouvais plus"
quand il nous arrive de "n'avoir pas eu le temps d'aller aux toilettes".
Quelques
suggestions
*
Une méthode pour essayer d'éviter l'incontinence urinaire
consiste à rythmer : service personnalisé de boissons/conduite
aux toilettes 1 h après.
Amener la personne toutes les heures aux toilettes sans la faire boire
abondamment dans les intervalles, provoque sa colère et un conflit
de refus : comme elle n'a ni besoin, ni envie, ni résultat, la
conduite aux toilettes avec son déshabillage partiel, devient une
agression.
* Régler l'heure d'aller à la selle est une nécessité
: cela permet d'éviter d'avoir des déconvenues si une sortie
est prévue, ou au moment du repas. Il est bon de tenir compte des
horaires qui étaient antérieurement ceux de la personne
; mais on peut aussi établir un nouveau rythme en utilisant des
suppositoires qui déclenchent l'envie d'aller à la selle.
Pour lutter contre la constipation, en plus de faire boire abondamment,
commencer par des laxatifs doux afin d'éviter les débâcles
intempestives.
* À l'entrée de la personne en institution il est important
de savoir ses habitudes :
* Est-elle d'une nature constipée ? Si oui, que fait elle en général
pour l'éviter ?
* Quel est le rythme habituel du fonctionnement de ses intestins.
* Des soignants de A. nous ont raconté que, par manque d'effectif,
ils plaçaient au lever les résidents sur la chaise percée
et les faisaient déjeuner en même temps. Bigre ! Il est très
difficile pour quiconque de comprendre que la chaise qui sert à
s'asseoir, peut aussi être un WC et un lieu où l'on mange
! Toutes les références antérieures (ou conditionnement)
sur la propreté, le rythme journalier et l'hygiène sont
bafouées : à midi à table, il fera ses besoins. Ces
soignants doivent revoir l'organisation du travail (croyant économiser
du temps... ils en perdent) et réfléchir au sens de leur
vie !
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V-
L'aide à la toilette
Cette
aide doit être limitée le plus possible. La personne si elle
est guidée et stimulée est capable pendant longtemps d'effectuer
des gestes réalisés chaque jour durant toute sa vie. Par
contre, elle est lente. S'armer de patience et diriger ses mouvements,
en maintenant avec l'autre main un contact corporel, est indispensable.
Quelques
suggestions (MA
ou DSTA)
*
Si la toilette est faite par un tiers, celui-ci ne doit pas commencer
par le visage mais par les membres supérieurs (main, bras) (cf
fondamentaux) . De plus, décrire le geste en cours de réalisation
: "Je vous lave le bras gauche", "Je vous sèche
le front" et maintenir avec l'autre main un contact cutané.
Ce contact doit être peau à peau, sans gant de plastique,
sauf pour les parties intimes éventuellement.
* Profiter de la toilette pour proposer un massage de la plante des pieds,
des mains, du dos, qui sécurise psychologiquement : ce n'est plus
de l'hygiène, c'est un cadeau.
* À l'entrée de la personne en institution il est important
de savoir : Comment elle fait sa toilette : se douche-t-elle quotidiennement
ou une fois par semaine... ?
Se préfère-t-elle avec des cheveux courts ou longs ? Se
maquille-t-elle régulièrement ? Aime-t-elle des pantalons
? Est-ce qu'il se rase tous les jours ?
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VI-
L'aide à l'alimentation
* Faire boire beaucoup d'eau est primordial. Cela diminue l'agitation
: la personne a soif mais ne sait le dire, il faut donc décoder
son "comportement quand elle a soif".
Si aucun signe n'attire votre attention, proposez lui souvent à
boire, souvent... car elle perd la sensation de soif. Buvez vous même
devant elle, ou trinquez avec elle si nécessaire.
(Nous pouvons rester un mois sans manger, nous survivrons. Par contre
seulement quinze jours sans boire.)
* Pour l'inciter à manger, disposer bien en vue des assiettes remplies
d'aliments faciles à saisir et à consommer (fruits secs
et frais de saison, petits biscuits) associées à un verre
rempli d'eau ou de jus de fruit ; et picorer soi-même.
* Si on doit faire manger la personne, s'asseoir est un impératif.
Ne jamais la faire manger en restant debout : la personne ne voit pas
votre visage et est agressée par un objet métallique descendant
du ciel, passant devant ses yeux, venant cogner sa lèvre supérieure...
alors que normalement quand elle mange le premier contact est avec la
lèvre inférieure. Placer la personne en bout de table ;
s'asseoir en se plaçant sur le petit coté (à droite
ou à gauche selon que l'on est droitier ou gaucher) ; tenir doucement
sa main ; appuyer avec la cuillère sur sa lèvre inférieure.
* Lorsque la personne utilise un objet par erreur (chaussure pour boire,
fourchette à la place de la cuillère...), lui donner le
bon objet et reprendre ensuite l'autre, sans s'exclamer, sans porter de
jugement, sans commentaire, avec le sourire : elle a oublié l'usage
des objets usuels. Toute réflexion peut la rendre honteuse, vexée
car toutes les fonctions cognitives ne sont pas forcément atteintes.
* Pour éveiller l'appétit, faire marcher, donner à
manger quinze à vingt minutes avant les repas un morceau de fromage
non gras (type : gruyère) donne parfois de bons résultats.
- Faire pratiquer des exercices de musculation des lèvres, des
muscles du visage, de la langue pour éviter la ptose des lèvres
avec écoulement de salive.
* En institution, les informations à l'entrée doivent concerner
: ses habitudes alimentaires, ce que la personne aime ou déteste,
ses allergies alimentaires.
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VII-
Pour que ses relations
avec les autres soient perçues comme positives.
* Lorsque la personne pose des questions répétitives, cela
ne sert à rien de lui dire « Je te l'ai déjà
dit » ou « Ne pose pas des questions idiotes », «
Arrête de poser toujours la même question ».
Dévier les questions en orientant son attention ailleurs ou en
lui renvoyant la question : « Et vous, qu'en pensez-vous ? ».
Elle connaît souvent la réponse : sa question n'est que l'expression
d'un besoin de communication à cause d'un climat intérieur
d'angoisse (absence de maîtrise de la situation).
* Attention : elle se rend compte si on lui ment ou si on la trompe.
* « Tu te fous de moi » dit Georges quand, à court
d'argument devant son propos « Je suis en prison ici » , je
bafouille "Vous reviendrez bientôt chez vous".
Depuis quand Georges dit « Je crois que je deviens fou »,
je ne lui mens plus, mais lui renvoie sa question « À votre
avis qu'est-ce que c'est que la folie ?».
* Ne pas poser des questions dont on sait qu'elles sont inutiles.
* « Tu n'as tout de même pas oublié le prénom
des petits enfants ? ».
* Oui, elle les a oublié et en est honteuse. Par contre elle les
reconnaît et est très contente de les voir, mais le manifeste
par un langage non-verbal qui traduit un sentiment de joie : brillant
des yeux, gestes corporels (elle tient leur main, caresse leur épaule).
* Ne jamais tenir de propos désobligeant tel que « Elle est
comme une plante », car ce que la personne sent et comprend est
inconnu.
* Demander à ses amis de lui faire des visites brèves mais
répétées pour "lui donner des nouvelles de la
ville...", sans prendre une mine triste de condoléances ;
sans des "tu te souviens tel jour..." ; en utilisant le contact
corporel : tenir ses mains dans ses propres mains, poser la main sur l'épaule,
donner le bras...Le visiteur est incapable de juger le degré de
chaleur humaine et de joie qu'il apporte ; c'est à la personne
d'apprécier. Ce qui pourrait la rendre honteuse ou triste, doit
être laissé de côté.
* Quand la personne parle sans qu'on comprenne un mot de son discours,
écoutons-la en manifestant notre présence de temps en temps
par des « Tiens, tiens...» ou « Ah bon ! » ou
« C'est bien vrai » de façon à montrer notre
participation à ce bavardage.
* Si elle semble poser une question, l'expression de sa voix, de son visage
et de son regard doit permettre de savoir s'il faut répondre positivement,
négativement ou s'il faut apaiser par un « Ne t'inquiète
pas, je m'en occupe, tout ira bien » et attirer l'attention ailleurs.
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VIII-
Troubles
de l'orientation dans le temps et l'espace
Observation :
* Lorsque progresse la démence, la personne perd la notion du temps.
Elle ne sait plus quel jour on est, quelle est la date, en quelle saison
on est...
Elle peut demander machinalement l'heure dix fois par jour, mais elle
ne sait pas pourquoi faire. Elle ne peut plus raconter sa vie chronologiquement.
Elle peut aller se coucher à 17 h, et faire des courses à
23 h. Dans la famille l'inquiétude et la fatigue psychologique
augmentent "Qu'est-ce qu'on va devenir".
* Ensuite, survient la désorientation spatiale : la personne sort
pour aller à un endroit habituel (chez ses enfants, acheter le
journal, etc.) mais il lui est difficile de retrouver le chemin. Elle
arrive à la maison déçue, triste et angoissée.
* Un peu plus tard, elle ne retrouve même pas le chemin du retour,
se perd dans les rues... en se demandant « Où suis-je ?»,
« Qu'est-ce que je fais là ? », « Où j'habite
? » et doit demander de l'aide.
* Un jour arrive où elle se perd dans son appartement, ne se rappelant
plus où se trouvent les toilettes, la salle de bain ; où
se trouvent les serviettes de bain, les draps. Elle ne trouve plus ses
affaires, ne s'habille plus, ne se lave plus, ne sait plus reconnaître
la droite de la gauche...
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
* Aménagement prothétique
de l'environnement.
Aménager les zones à risque : main courante adaptée
pour faciliter les déplacements ; fenêtre doublée
par une bande de vitrage donnant une protection équivalente à
un barreaudage, permettant d'ouvrir la fenêtre et de voir à
l'extérieur ; ouverture de la porte de sortie commandée
par un clavier numérique ; cuisinière à plaques chauffantes
électriques à la place du gaz, avec système de double
commande ne permettant la chauffe maximum (risque de brûlure) que
si on actionne un bouton dissimulé ; les fours sont une des causes
les plus importantes de brûlures et d'incendie ; mitigeur thermostatique
pour obtenir de l'eau chaude tempérée afin d'éviter
tout risque de brûlure ; chauffe eau électrique pour éviter
le danger d'asphyxie ou l'explosion ; panneau vitré entre la cuisine
et le séjour permettant une surveillance quand le malade est à
la cuisine ; il vaut mieux laisser la salle de bains aussi nue que possible
et donner shampooing, serviettes supplémentaires, nécessaire
pour prothèse dentaire, crème à raser, etc... seulement
au moment où la personne en a besoin. Avec l'évolution de
la maladie, même la serviette, le savon, la brosse à dents
et le dentifrice peuvent être utilisés de manière
inadaptée s'ils sont laissés à sa portée.
* Pour prévenir les chutes : tapis cloués au sol ; planchers
non vernis ; WC surélevés et barres d'appui de couleur vive
; douche avec siège escamotable et barres d'appui : si la personne
se cogne contre le mur ou contre les meubles, malgré un bon éclairage,
on peut placer un ruban réflecteur aux coins des meubles, le long
des plinthes.
* Installation de repères du temps : libre accès aux fenêtres
pour pouvoir suivre le cycle du soleil et des saisons ; horloge simple
avec de gros chiffres, horloge à carillon, coucou ; calendriers
affichant un mois ou mieux, un jour à la fois.
* Installation de repères de l'espace : signalisation des WC, par
un logo, en évitant "WC", dévalorisant ; placés
près de la chambre et du séjour ; repères lumineux,
veilleuses ; ne pas déplacer les meubles ; pour la décoration
des murs utilisation du jaune paille, de l'orangé (à la
cuisine car excite l'appétit) et du rouge (poignées de porte),
plus faciles à reconnaître que des bleus et des verts car
le cristallin jaunit ; contraste de couleur entre les murs et la porte
; cadre, choisi par la personne, sur le mur du couloir près de
sa chambre ; couleur du couvre-lit à son goût ; plante d'intérieur
à entretenir ; réglage de l'intensité lumineuse en
fonction de la réduction de l'acuité visuelle et du champ
visuel.
* En institution : créer un circuit d'entraînement à
l'orientation spatiale.
Apprentissage
d'itinéraires favorisant des déplacements autonomes vers
et dans différents lieux du service.
L'orientation consiste à stimuler les comportements exploratoires,
à sensibiliser à la présence des signes, susciter
leur utilisation, à favoriser la reconnaissance des lieux.
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IX-
Orientation
vers la réalité
C'est un mode de communication destiné à faire prendre conscience
du temps, de l'espace, et de l'entourage. L'orientation à la réalité
doit être continue, intégrée aux activités
journalières (habillage, toilette, alimentation, marche, bavardage)
et doit ajouter aux données sur le temps et l'espace des données
pertinentes sur les activités en cours.
* Dialogue simple : «Bonjour Monsieur C. Je suis Laurent, l'infirmier
qui vous fais toujours rire en vous racontant les problèmes que
j'ai avec ma voiture. Au fait, quel jour sommes-nous ?... Eh oui, déjà
samedi. Comment trouvez-vous le temps ? (montrant la fenêtre) .
C'est bon pour la vigne lorsqu'il pleut au mois de juillet. Je suis là
pour vous aider à vous habiller car il sera bientôt 9 h du
matin ». Un contact verbal est établi avec cette personne.
Vous avez...
- reconnu son individualité et respecté ses limites par
un dialogue simple, ponctué de temps d'arrêt pour lui permettre
de répondre,
- évité la position d'échec en vous nommant plutôt
qu'en l'obligeant à vous nommer,
- fait appel à ses capacités : elle a de bonnes chances
de trouver la réponse,
- sécurisé en présentant des données qui l'aideront
à savoir qui elle est, qui nous sommes et ce que nous effectuons
avec elle.
* Ne pas insister sur l'erreur : les réponses données ne
sont pas toujours exactes...
Principe essentiel à respecter : ne pas insister sur l'erreur.
Faillir à ce principe signifie ne pas reconnaître les efforts
que fournit la personne. La personne à qui on demande de nommer
la journée et qui répond mardi au lieu de samedi se trompe
certes. Mais elle a compris le sens de la question et s'est efforcée
d'y répondre.
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IX
- Troubles
de la connaissance (agnosie)
Observation :
* La personne n'identifie plus les objets, oublie à quoi ils servent.
Elle emploie des objets à d'autres fins :
* prend une fourchette pour manger la soupe ;
* tente de boire dans une pantoufle ;
* fait ses besoins à côté de la cuvette des W.C.,
ne comprenant pas à quoi sert le WC ;
* met ses boucles d'oreilles dans la bouche et les croque ; etc.
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
* Lorsque la personne utilise un objet par erreur,
lui donner l'objet qui correspond à son objectif et reprendre ensuite
l'autre, d'un air calme, normal, sans exclamation. Exemple : donner une
cuillère en reprenant la fourchette avec laquelle la personne essayait
de manger sa soupe ; donner un verre, en reprenant la pantoufle dans laquelle
elle allait boire.
Il est possible aussi de réaliser soi-même correctement l'action
à faire et d'attirer le regard et l'attention de la personne sur
nous. Lorsqu'elle nous regarde, lui donner l'objet avec le sourire, sans
commentaire, sans grimace péjorative.
Si la relation affective avec la personne est bonne, si nous avons gagné
sa confiance, nous arriverons alors à la corriger et à lui
réapprendre des choses, au fil des jours et des mois.
Par contre, crier quand elle fait une erreur, l'agresser en paroles ou
gestes, peut la rendre malheureuse, honteuse, vexée... et l'enfoncer
dans sa démence.
Attention : ne pas la corriger, ne pas communiquer avec elle, et faire
tout à sa place aggrave sa démence.
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X
- Troubles
de la parole (aphasie)
Observation :
* Les phrases deviennent incohérentes. La prononciation des mots
est perturbée, la personne répète plusieurs fois
le même mot ou la même syllabe. Son discours devient incompréhensible.
Elle n'arrive plus à se faire comprendre oralement. La personne
devient angoissé, nerveuse. Pourquoi ?
* Supposons qu'elle ait besoin d'aller aux W.C. : elle ne se rappelle
plus où ils se trouvent, elle a oublié le mot "vécé".
Mais le besoin presse : elle s'agite et essaie à sa façon,
de se faire comprendre.
* Supposons que nous ne la comprenions pas. En la voyant s'agiter, nous
l'invitons à s'asseoir, à se calmer. Au bout d'un moment,
forcément, elle urinera ou déféquera. Elle peut en
avoir honte et nous en vouloir.
* Si nous lui faisons des reproches, elle deviendra plus malheureuse,
ou elle s'énervera devenant agressive.
* La personne :
* peut cesser de parler et cracher son repas pour dire «Je n'ai
plus faim» ;
* vous donner des coups de pieds dans le ventre, pour dire « J'ai
peur du bain ».
* certaines peuvent "plonger" et s'enfoncer dans leur monde
triste de grande solitude. Attention de ne pas interpréter ce silence
pour une totale démence.
Il m'a fallu un an pour m'apercevoir qu'une démente, sénile
il est vrai, était présente lors des activités d'éveil
que nous organisons et avait une faculté de jugement. Elle a qualifié
l'activité en occitan : "Ils nous prennent pour des enfants".
Je suis resté sur place, sans voix : depuis un an je passais, lui
dire bonjour avec le sourire et elle ne m'avait jamais répondu.
Ce qui m'avait fait conclure à une démence avancée...
elle m'a renvoyé à mes chères études ! À
partir de ce jour nous avons augmenté la communication et elle
est redevenue loquace. Deux ans après elle est décédée
d'une hématémèse...La gérontologie implique
l'humilité : savoir qu'on ne sait pas.
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
* Essayer de décoder en se rattachant à un mot, en apprenant
le code de communication non-verbal de la personne. Souvent, dès
que la personne se voit comprise elle est encouragée et ose parler,
poser des questions.
* Dès que le message est compris le reformuler verbalement facilite
sa mémorisation éventuelle.
* Se placer face à la personne pour qu'elle lise sur les lèvres
(mieux vues si elles sont rouge) ; parler lentement ; bien articuler.
* Accepter qu'il y ait des jours avec et des jours sans paroles.
* Vivre au jour le jour.
* Attention : la personne peut être présente à tout
moment, peut comprendre tout, même si elle ne réagit pas.
Le changement constant de l'état de la personne peut tromper, donner
de faux espoirs ou au contraire orienter sur un pronostic pessimiste.
Elle réagit parfois bien à la conversation et peut, par
moments, formuler une ou plusieurs phrases correctes et bien prononcées
; répondre juste et avec des mots exacts. Puis perdre à
nouveau le fil. Elle se rappelle d'une chose aujourd'hui pour l'oublier
demain, et vice versa.
Toutes ces variations nous empêchent d'avoir un jugement juste de
sa capacité mentale et de pouvoir prendre des décisions
stables et correctes.
* La personne ne comprend pas la même chose que nous en entendant
le même mot. Décoder : lire sur son visage au lieu d'entendre
sa réponse.
* Quand vous lui dites « Ouvre la bouche », elle répond
"Oui"... mais ne le fais pas ;
* «Tu veux un gâteau» entraîne la réponse
"Non" ...mais elle prend le gâteau et le mange ;
* «Tu veux uriner» entraîne la réponse "Non"
...et elle se mouille cinq minutes après.
* Oser décoder le langage comme une devinette. En fonction de l'heure
et de l'activité de la personne... Si elle est restée longtemps
assise elle veut peut-être dire qu'elle a envie de marcher ; s'il
y a longtemps qu'elle n'a pas bu, qu'elle a soif ; etc.
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XI-
Troubles
de
la réalisation et la compréhension des gestes (apraxie)
Observation :
* En premier, la personne n'est
plus capable de faire des gestes complexes et coordonnés, comme
conduire une voiture ou utiliser un four... Ensuite, elle ne peut plus
signer un chèque, s'habiller seule, allumer une cigarette, fermer
la porte ...
* La compréhension des gestes peut aussi s'altérer. Les
gestes perdent leur signification courante et la personne ne comprend
plus ou comprend autrement nos gestes. Les siens aussi peuvent ne pas
s'accorder avec ce que nous attendons, ou avec ses paroles, ses idées.
* La personne peut faire les gros yeux et montrer son index d'une façon
menaçante en disant : « C'est très bon. » ;
* Une autre, pour trouver un mot perdu, secoue son poing fermé,
lève les yeux et mord le coin de ses lèvres, comme si elle
allait frapper ;
* Mordre nos doigts pour nous montrer son mal aux dents ; serrer notre
gorge pour montrer qu'elle à mal à la gorge ; manger un
morceau de papier pour dire « J'ai faim ».
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
* Expliquer aux membres de la famille
que leur visite est importante même s'ils ont l'impression de ne
pas être bien reçu. C'est une fausse impression inhérente
à la perte de sens des gestes pour la personne.
* « Lorsque Jeanne ouvre les bras pour embrasser son père
et que ce dernier tourne le dos et s'en va, Jeanne se vexe et se culpabilise.
Elle dit : « Il ne m'aime plus, car. . . » ou « Il ne
m'a pas pardonné pour... » Alors que, tout simplement, son
père n'a pas compris ou a mal compris le geste. »
* Relier les gestes et leur signification pour la personne malade.
Les mêmes gestes se reproduisent chaque fois, ce qui en facilite
la compréhension : retenir la forme du message car à chaque
fois il se reproduira avec la même signification.
* Pour montrer son envie d'aller aux W.C., telle personne se déboutonne,
l'autre se déshabille, une autre court dans tous les sens, une
autre masse son ventre, une autre demande qu'on l'accompagne sans pouvoir
dire où. Dès qu'on comprend la signification du geste et
qu'on les amène aux W.C., ces manifestations disparaissent.
* De la même façon pour montrer qu'elle a soif elle peut
prendre un verre, un bol ou une tasse vide et faire semblant de boire
; ou essayer de boire l'eau d'un vase ; ou faire le geste de boire dans
sa main, etc.
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XII-
Déambulation
Observation :
* Quand elle souffre d'une maladie d'Alzheimer, la personne marche pendant
des heures et des heures, sans but. Elle s'assied deux minutes puis se
lève pour marcher à nouveau ; fait mine de s'asseoir mais
aussitôt repart pour marcher...
L'empêcher de marcher et la contraindre à s'asseoir puis
l'attacher entraîne agitation et colère. Il y a danger si
les déambulations sont si fréquentes qu'elles comportent
des risques d'épuisement, de phlyctènes aux pieds, etc.
Il faut comprendre que la personne, active durant sa vie, cherche à
demeurer occupée et à accomplir des tâches.
* Ex.: une femme qui passe son temps à épousseter les différents
objets rencontrés sur son trajet. Qu'elle s'arrête pour frotter
des poignées de porte ne veut pas dire qu'elle veut s'enfuir :
elle est attirée par la stimulation sensorielle que ce geste lui
procure.
* La déambulation est parfois consécutive à l'utilisation
prolongée de médicaments.
* Plus rarement, la personne peut rester toute la journée sans
bouger.
* Certaines nuits la personne malade n'arrive pas à dormir : elle
est capable de marcher, de travailler et de ranger (ou même de sortir)
pendant la nuit. Il faut la laisser libre dans la maison où tous
les dangers sont écartés. Après s'être fatiguée
et sous l'effet d'un calmant prescrit, elle laissera tout pour aller dormir.
Le lendemain, fatiguée, elle dormira toute la journée."Elle
prend le jour pour la nuit"... et c'est très épuisant
pour la famille - qui ne dort pas la nuit non plus - et hésite
à l'enfermer à clé dans sa chambre.
Quelques suggestions (MA
ou DSTA)
* Déambuler en permanence entraîne transpiration et soif...
non exprimée. Faire boire et utiliser pour linge de corps des sous-vêtements
en coton plutôt que du "Damart".
* Sortir avec la personne et aller marcher dans un parc, dans les rues
ou aller dans un supermarché.À condition que la personne
qui accompagne contrôle bien la situation, le dehors est "thérapeutique".
* Pour pouvoir fermer la porte de sa chambre la nuit sans l'inquiéter,
il faut cacher la poignée située à l'intérieur
de la porte. Un moyen pour y parvenir consiste à fixer un portemanteau
au dessus de la serrure et y pendre une robe de chambre. Le malade ne
pouvant pas se concentrer longtemps sur une chose précise, ne pouvant
pas trouver la poignée oubliera l'idée de sortir de la chambre.
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XIII-
Angoisse,
irritabilité, illusions
Observation : L'angoisse demeure tout au long de la maladie et
cause beaucoup d'agitation, de nervosité et, éventuellement,
d'agressivité chez les malades.
* La personne peut s'angoisser pour son travail au milieu de la nuit,
tente de s'habiller et se presse de partir au bureau. La famille se récrie.
Réaction de la personne : elle peut se fâcher ou avoir honte
de son erreur et devenir triste.
* Une femme peut subitement s'angoisser pour son bébé qu'elle
croit avoir oublié dans son lit (elle a oublié que ses enfants
ont grandi). Elle s'affole, essaie de le rechercher, mais ne sait pas
où aller, s'angoisse de plus en plus. Si nous la forçons
à s'asseoir, en ne comprenant pas ce qui se passe dans sa tête,
elle va s'irriter : elle défend son bébé.
Quand la personne est angoissée, elle court ou marche sans cesse,
parle sans arrêt, manipule un objet pendant des heures, met tout
ce qu'elle trouve dans sa bouche et... "Elle mange le savon !".
Celle qui ne peut pas bouger tire ses draps, ses boutons, ses habits,
ses mains et ses doigts, ses pantoufles.
La personne malade peut avoir des hallucinations : entendre ses enfants
et vouloir les toucher alors qu'il n'y a personne dans la pièce
; ou des illusions, interprétant des plis dans la couverture comme
étant un serpent ; ou peut faire un délire de persécution
ou de préjudice en accusant un tiers de le voler.
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
* La personne malade boit notre angoisse comme un buvard l'encre.
Très sensible, elle sent si nous sommes nous-même angoissé
et elle le devient aussitôt.
L'entourage doit être calme et inspirer confiance.
Plus la personne aura confiance en ceux qui s'occupent de lui, moins elle
sera angoissé.
* Boire beaucoup d'eau diminue l'angoisse.
Des tisanes calmantes à base de Passiflore, Valériane, Aubépine,
peuvent être utilisées.
* Si la personne joue avec son sexe il ne faut pas moraliser, mais lui
donner autre chose à manipuler. Un homme peut aimer tourner les
pages d'une revue. Une femme peut aimer tenir dans ses mains une peluche,
un chapelet ou un tissu.
* La personne en passant devant un miroir peut ne pas se reconnaître
et avoir peur de l'étranger en face. Si tel est le cas, masquer
les miroirs par un tissu.
* Éviter de raisonner la personne en s'obstinant, car plus on parlera
d'un objet égaré plus son attention sera fixé sur
cet objet, pour elle volé. Proposer une activité dérivative.
* Garder en réserve un double des objets que la personne a tendance
à égarer pour éviter qu'elle ne parle de vol. Connaître
les endroits où elle entasse ces objets.
* Éliminer les objets qui créent une illusion visuelle mais
se poser des questions sur la qualité de l'éclairage si
les illusions surviennent au crépuscule.
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XIV-
La
communication
Observation :
La personne éprouve d'abord de la difficulté à comprendre
les anecdotes et les paroles rapides, à saisir l'humour et à
suivre certaines directives explicites ; plus tard, elle bute sur la conversation
courante et demande qu'on répète des directives simples
; au stade avancé, elle ne comprend plus la signification des mots.
La personne doit réfléchir de plus en plus longtemps avant
de pouvoir communiquer sa pensée ; l'expression perd de sa spontanéité
; la difficulté à nommer les choses et à trouver
les mots s'accroît ; le vocabulaire s'appauvrit et la répétition
d'un même mot existe souvent.
Sur le plan de la communication sociale la personne qui ne fait que s'écarter
du sujet de conversation ou se répéter au début,
devient peu à peu incapable d'amorcer la conversation et encore
moins de la soutenir.
Elle pose moins de questions et fuit les situations sociales difficiles.
Puis, elle se retire complètement de la communication : des sons,
voire des cris, constituent souvent les seules formes de communication.
Il est donc essentiel d'observer et de décoder le comportement
non verbal pour comprendre ses messages et ses besoins : tâche souvent
malaisée, car la personne peut difficilement confirmer l'exactitude
de notre compréhension. Avant d'en arriver au mutisme, qui peut
apparaître au stade terminal de l'évolution démentielle.
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
* Décoder les messages de la personne
* Observer le comportement verbal et non verbal. : observer la mimique,
la direction du regard, le ton de la voix, la posture, la fébrilité
des gestes, la couleur du visage, etc.
Rechercher les expressions de plaisir ou de déplaisir pour vérifier
la compréhension de la personne ou son inclination à entreprendre
une action, etc.
* Essayer de comprendre les émotions exprimées maladroitement
: communiquer des états d'âme avec des facultés restreintes
se révèle ardu. Il importe de s'appliquer à les décoder
et d'aller au-delà des mots pour assurer le mieux-être de
la personne.
* Isoler les mots clés : face à un discours incohérent,
à un jargon incompréhensible, isoler quelques mots qui reviennent
et semblent plus clairs pour tenter de saisir le sens du message qu'essaie
de livrer la personne.
* Livrer notre degré réel de compréhension : ne pas
prétendre comprendre la personne si ce n'est pas le cas : lui dire
simplement ce qu'il en est.
* Choix du moment opportun : l'état de fatigue joue un rôle
important. Pour solliciter la collaboration de la personne, il est préférable
d'attendre qu'elle soit bien reposée : sa réceptivité
sera alors optimale. Éviter de la déranger lorsqu'elle est
absorbée dans une activité.
Remettre notre demande à plus tard si elle semble fatiguée
ou si elle refuse de collaborer.
* Respect des capacités et du rythme : adapter nos demandes en
fonction des capacités de la personne. Être disposé
à lui accorder plus de temps selon ses besoins et son état.
* Attente de la réponse : accorder un délai suffisant à
la personne pour qu'elle puisse répondre.
* Éviter de mettre de la pression, de l'interrompre ou de la bousculer
lorsqu'elle parle, cela ne ferait qu'augmenter son désarroi. Il
faut s'attendre à ce que les réponses tardent de plus en
plus, soient moins parfaites ou remplacées par des gesticulations.
* Effort de compréhension : être prêt à tout
mettre en oeuvre pour comprendre la personne et nous faire comprendre
d'elle avec la conviction que cela en vaut la peine.
* Maintien de la parole donnée : tenir nos promesses en dépit
des troubles de mémoire de la personne. Il s'agit d'un être
humain qui peut, tout comme nous, être blessé même
s'il ne peut le communiquer. Il est étonnant de voir à quel
point certaines personnes se souviennent de propos significatifs. La mémoire
« affective » semble assez bien préservée chez
les sujets atteints de démence.
* Parler d'un ton calme avec des gestes appropriés : le ton sur
lequel nous nous adressons à la personne détermine l'interaction
que nous voulons établir. Une voix calme et des gestes empreints
de douceur favorisent une réponse calme de la part du malade. A
l'opposé, un ton élevé et des gestes brusques seront
mal pris par le malade et risquent de provoquer de sa part crainte et
méfiance, rendant la collaboration difficile.
* Utiliser le nom de la personne et se nommer : s'adresser à la
personne en utilisant son nom.Lui donner notre nom et tout indice qui
l'aide à se situer par rapport à nous ; lui expliquer, par
exemple, ce qui nous amène auprès d'elle. Être bref
mais chaleureux.
* Livrer un seul message à la fois : les capacités affaiblies
de la mémoire compromettent la rétention simultanée
de plusieurs éléments. Terminer une action avant de passer
à la suivante.
Ne donner qu'une consigne ou directive à la fois.
* Utiliser des mots simples et des phrases courtes : s'exprimer dans des
termes concrets, clairs et précis. Les longues explications exigent
des efforts d'attention et de concentration que la personne parvient difficilement
à fournir.
* Répéter avec les mêmes mots et reformuler s'il y
a lieu : lorsque le message a été dit en mots concrets,
il est préférable de le répéter textuellement
d'abord au lieu de le reformuler.
En reformulant (en le répétant dans d'autres termes) on
risque de dérouter la personne : cela équivaut à
lui demander de saisir un nouveau message.
Si le fait de répéter ne donne pas de résultats,
on peut tenter de reformuler le message.
* Ramener l'attention sur l'action en cours : si la personne est distraite,
si elle s'écarte du sujet de conversation ou si elle délaisse
l'activité en cours pour en commencer une autre, il peut être
approprié de lui rappeler délicatement ce qu'elle était
en train de dire ou de faire, et de résumer les propos en cours.
* Utiliser les rituels sociaux : les salutations, les poignées
de main, les sourires sont des gestes appris, très éloquents
et faciles à comprendre.
* Compléter les messages avec des objets ou des gestes : utiliser
des objets réels, des images, des gestes, le toucher ou des messages
écrits pour illustrer nos propos.
Désigner l'objet en le nommant augmente nos chances d'être
compris.
* Répéter quelques mots du discours de la personne : pour
confirmer à la personne que nous tentons de saisir son message,
il est bon de répéter quelques-uns des mots qu'il utilise.
Cette reconnaissance le rassure et montre notre attention.
* Continuer à poser des questions simples : pour préserver
l'estime de soi de la personne et nous assurer une meilleure collaboration
de sa part, il faut l'aider à rester vivez, alerte et soutenir
sa capacité d'attention :
* Éviter les questions ouvertes (pourquoi ? comment ?) : commencer
par lui poser des questions comportant un choix de réponses limité
«Veux-tu du lait ou du café ? »
Simplifier les questions en les structurant pour permettre des réponses
par «oui» ou «non».
* Recourir aux énoncés affirmatifs : si la personne présente
une détérioration marquée, les questions peuvent
être remplacées par des énoncés affirmatifs
tel que "Voici un fruit".
Cette pratique réussit d'autant mieux que l'on connaît ses
goûts et ses besoins.
* Faire remplacer les mots manquants par d'autres informations : si, après
l'avoir laissé parler plus longuement, nous constatons que la personne
éprouve encore des difficultés à trouver ses mots,
proposer d'autres mots qui semblent plausibles, ou encore lui demander
de parler de cet objet d'une manière différente (à
quoi il sert, où il est rangé, etc.)
* Dresser une liste des mots et des gestes auxquels répond la personne
: lorsque la communication devient plus difficile, c'est un moyen de rechange
pour susciter une réponse.
* Expliquer les actions : précéder d'une explication simple
les interventions impliquant des contacts physiques ou la manipulation
d'objet appartenant à la personne et commenter au besoin.
* Décomposer l'action en plusieurs petites étapes : livrer
nos demandes une à une à la personne en l'informant brièvement
de chaque étape, juste au moment elle se déroule.
En présentant graduellement l'information, la personne peut l'intégrer
et sa crainte diminue du fait qu'elle sait ce qui lui arrive. Exemple
:
* 1° étape : "On va dîner"
* 2° étape : " Nous allons dans le couloir " (en
franchissant la porte)
* 3° étape : "Au bout du couloir c'est la salle à
manger" (une fois dans le couloir)...etc.
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XV-
La
souffrance de la famille
* La famille face à la personne démente éprouve une
série de sentiments qui sont autant de souffrances : « la
famille est la victime cachée de la démence.»
* - l'angoisse de l'hérédité soulève la peur
de leur future vieillesse ;
* - la crainte de problèmes financiers si la maladie continue ;
* - la peur de ne pas tenir sa promesse "Je ne te placerai jamais
en Long séjour" ;
* - le conflit interne entre la volonté de préserver l'équilibre
et la sérénité familiale et la reconnaissance filiale
ou conjugale, car il reste le souvenir de l'investissement antérieur
du malade pour les enfants ou pour le conjoint ;
* - le chagrin devant l'altération physique du parent qui est devenu
méconnaissable pour ceux qui l'ont connu et aimé différent
;
* - l'insécurité devant le comportement à avoir face
au dément qui agresse.
* Au fil des jours la souffrance se double d'un travail de deuils successifs
qualifiés par certains de deuil "blanc", avant l'épreuve
:
* - deuil de l'espérance de guérison, même si des
progrès thérapeutiques existent ;
* - deuil de la relation perdue « Il ne me reconnaît plus
» ;
* - deuil de l'admiration « Lui qui était si gentil, si fort,
si brillant ! » ;
* - deuil du rôle, par renversement des rôles familiaux habituels
: les enfants se sentent devenir les parents de leurs parent ;
* - deuil de l'estime de soi devant l'agressivité manifestée
lors du nième comportement perturbateur quotidien du malade. Ne
supportant plus la situation certains se posent la question du sens d'une
telle vie et souhaitent sa fin... tout en se reprochant un tel souhait
;
* - deuil de la possibilité de prévoir l'avenir. À
long terme mais aussi à court terme dans le déroulement
du quotidien : présence constante auprès du malade, manque
de repos la nuit, agressivité de la part du dément, etc.
Quelques
suggestions (MA ou DSTA)
* Reconnaître l'importance de la contribution de la famille, qui
reçoit peu de gratifications pour les efforts déployés.
* Enseigner à la famille certaines des suggestions exprimées
ci-dessus pour répondre aux situations problématiques.
L'importance :
* - de réorienter dans le temps, l'espace et avec les personnes
;
* - de la stimulation sensorielle par le biais du toucher et de la manipulation
d'objets ;
* - d'éviter d'exercer des demandes excessives envers le malade
;
* - d'éviter de rationaliser avec le malade.
* Insister sur l'importance de modifier les objectifs et les attentes
reliés aux visites.
* Intégrer la nature involutive de la pathologie et son irréversibilité.
* Tenter de se centrer sur les capacités restantes et sur les intérêts
présents «ici et maintenant» : musique, photos, jeux
simples, manipulation d'objets, toucher.
* Tenter d'apprendre à écouter et à décoder
les messages c'est à dire se centrer davantage sur le processus
(pensées, sentiments) que sur le contenu du message.
* Souligner aux membres de la famille qu'il n'existe aucune solution miracle
satisfaisante à 100 % et que le travail par essais/erreurs qu'elle
effectue, est également celui qui sera effectué par les
soignants en institution.
* Savoir être suffisamment «égoïste» pour
ne pas s'épuiser : utiliser les aides disponibles, s'aérer
quelques heures detemps à autre en utilisant des relais.
* Savoir encore et encore... et apprendre au fil des jours :
- que votre malade est anxieux lorsqu'arrive le crépuscule car
il a un sentiment d'insécurité. En fin d'après-midi
il déambule ou parfois dit « Où est ma mère»
ou « Je veux rentrer à la maison » ; c'est «
l'effet crépusculaire ». Prévoyez d'être présent
auprès de lui à cette heure : organisez vos courses et votre
travail en fonction ; éclairez intensément (on traite certaines
dépressions par une exposition à la lumière dans
les pays nordiques quand les jours sont courts) ; rassurez " Je suis
là pour prendre soin de toi ».
- que la sur-stimulation (grande réunion familiale bruyante) a
un effet contraire à celui qu'on en attendait : la personne malade
ne sait plus faire le tri entre de nombreuses informations qui lui parviennent
à la fois et s'isole.
- a sous stimulation est préjudiciable elle aussi, car la personne
n'ayant pas d'information à traiter, met son cerveau au repos.
Il faut donc trouver l'équilibre entre sous et sur-stimulation
selon chaque malade.
- qu'il faut mettre sous clé les médicaments (ne pas les
laisser dans l'armoire de toilette à la salle de bains) le fer
à repasser, les allumettes (si le malade fume rester à coté
de lui), l'eau de javel qui pourrait être bue., etc.... jusqu'aux
produits insecticides pour le jardin.
- qu'il ne faut pas mettre en vue à portée de sa main des
bibelots de petite taille : la personne démente peut les porter
à sa bouche et les avaler accidentellement.
- qu'il ne faut pas avoir de plante dont la mastication puisse poser problème.
À l'intérieur, la belle plante verte striée de jaune
qu'est le Diffenbaca, car sa sève laiteuse est toxique, etc. Dans
le jardin l'arbuste Belladone et ses baies bleues attirantes mais dangereuses,
l'arbre Rhux sumac et ses fruits toxiques en forme de cône brun,
etc.
- que la lampe de chevet de la chambre doit être d'une part facile
à atteindre, à allumer et à éteindre (par
cellule photo électrique ou contact direct avec la lampe) ; et
d'autre part difficile à renverser.
- du fait que la personne malade à tendance à partir déambuler
seule à l'extérieur si elle échappe à la surveillance
(on ne peut parler de fugue car elle n'a pas l'intention de partir pour
ne pas revenir, c'est plutôt du vagabondage ou de l'errance) elle
risque de se perdre dans la rue en ville ou dans les bois à la
campagne.
Prévoyez la nécessité de déclencher des recherches
: avoir une photographie récente sous la main permettant de diffuser
rapidement des photocopies ; lui offrir une gourmette portant vos coordonnées
et indiquant "troubles de mémoire" (l'avenir est au bracelet
avec émetteur miniaturisé qui émet des "bip"
localisables). Quand un parent meurt cela provoque du chagrin, mais quand
un parent disparaît sans qu'on sache où se trouve son corps
cela provoque en plus une détresse et un sentiment de culpabilité
rendant plus difficile le travail de deuil. Il est absent mais... est-il
mort ?
- prévoyez une télé alarme qui vous permettra si
vous êtes seul et devant un problème important d'alerter
rapidement, de demander le secours de services compétents.
- vérifiez régulièrement que votre appartement que
vous aviez bien organisé au début de la maladie de votre
parent n'a pas, avec le temps, subi des modifications involontaires. C'est
sécurisant pour vous et pour lui... on vous a peut-être offert
un Diffenbaca, etc.
Utiliser la fiche "Vérification de l'environnement" vous
facilitera la tâche en indiquant les points essentiels. Elle doit
être complétée par le fruit de votre observation en
fonction du logement.
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Épilogue
Les
nombreuses causes susceptibles de provoquer une pathologie de l'intelligence,
une démence, n'ont pas été détaillées
: nous avons évoqué - sans tous les recenser - les différents
problèmes posés par le malade atteint de la maladie d'Alzheimer.
Toute démence est un cas particulier : chacun débute la
maladie avec un vécu différent ; la maladie a une évolution
différente.
«
Le dément est un riche d'esprit qui est devenu pauvre, tandis que
l'idiot a toujours été pauvre » Esquirol (1772/1840)
Bibliographie
(Bibliographie)
- Adam E., Être infirmière, Les éditions HRW, Montréal,
1983, 137 p.
- AMIEC. Bachelot, Magnon R., Les soins infirmiers et le corps, GRIEP,
Lyon, 1979, 124 p.
- La revue de l'Amiec "L'inter...dit" réfléchit
par thèmes sur les soins infirmiers.
- Berger L., Mailloux D., Personnes âgées, une approche globale,
Maloine, Paris, 1989. 585 p.
- Baumann F., Lyon J., Comment vivre avec un parent âgé.
L'aider à rester autonome en le restant soi-même, éd.
Josette Lyon, 11 bis, rue Georges-Saché, 75014 Paris , 2000, 271
p
- Collière M-F., Promouvoir la vie, Interéditions, Paris,
1982, 391 p.
- DIMP, Encyclopédie L'univers psycho corporel, Le livre de Paris,
Paris, 1991. 12 tomes
- Ducharme F., Principes généraux d'interventions auprès
des personnes âgées atteintes de déficits cognitifs
irréversibles, LICACD, Montréal, 1987.
- Giger J.N., Newman J., Davidhizar. R., Soins infirmiers interculturels,
Lamarre, Paris, 1991, 252 p.
- Khosravi M., Aider et accompagner le malade d'Alzheimer, Marabout, Paris,
1993, 251 p
- Levesque L. , Roux C. , Lauzon S. , Alzheimer Comprendre pour mieux
aider, ERPI, Montréal, 1991
- Maisondieu J., Le crépuscule de la raison, Centurion, Paris,
1989, 224 p.
- Mias L., Decourt E., Équipe soignante, Pour un art de vivre en
Long séjour, Bayard, Paris, 1993, 252 p
- M. Micas, Comment vivre avec un Alzheimer, éd. Josette Lyon,
11 bis, rue Georges-Saché, 75014 Paris , 2000, 159 p
- Riopelle L., Soins infirmiers, modèle centré sur les soins
de la personne, Hill, Québec, 1984, 354 p
- Salomé J., Parle moi. J'ai des choses à te dire, L'homme,
Québec, 1982, 252 p.
- Salomé J., Relation d'aide et formation à l'entretien,
PU , Lille, 1993, 205 p.
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